Albert Besnard au Petit Palais : balade Belle Epoque

De passage au Petit Palais pour visiter la formidable exposition « Oscar Wilde, l’impertinent absolu », j’en ai profité pour jeter un œil à la rétrospective consacrée au peintre Albert Besnard (1849-1934). Une belle découverte que cet artiste, comblé d’honneurs à la Belle Epoque et injustement tombé dans l’oubli depuis. Cerise sur le gâteau, moins médiatisée, cette exposition se visite dans le calme et sans la foule.

Il fut le premier peintre auquel la République fit l’honneuralbert_besnard_petit_palais-corinne_-martin_rozes-14 de funérailles nationales. Comblé d’honneurs et de succès, Albert Besnard a été une des gloires de la peinture française de la Belle Époque avant d’être rangé, par méconnaissance, au rayon des académiques stériles, et totalement oublié du grand public. Le Petit Palais répare cette erreur avec l’exposition « Modernités Belle Epoque », à voir jusqu’au 29 janvier 2017.

 

Une œuvre foisonnante aux multiples facettes 

Le parcours de « Modernités Belle Epoque » s’attache à prouver combien ce peintre, connu pour la hardiesse de son coloris et la richesse de son inspiration, mérite d’être redécouvert. Celui qui décora l’immense coupole du vestibule du Petit Palais (prenez d’ailleurs le temps de visiter les collections permanentes du musée, qui recèlent des merveilles) a en effet produit une œuvre foisonnante aux multiples facettes : il fut à la fois un symboliste tardif, le chantre des courbes de la femme 1900, un portraitiste, un grand décorateur, un pastelliste virtuose et même un inquiétant graveur. Les quelque 200 œuvres présentées permettent d’appréhender l’itinéraire de cet artiste, de Paris jusqu’à Rome, en passant par Londres et les rives du Gange, le tout dans une scénographie voluptueuse évoquant le Paris de la Belle Epoque.

 

Portraits intimes au pastel, nus sensuels et effigies mondaines

L’exposition ouvre ainsi sur les débuts d’Albert Besnard, couronné par le Grand Prix de Rome en 1874. Pensionnaire à l’Académie de France de 1875 à 1878, il rencontre à Rome sa future femme, la sculptrice Charlotte Dubray (dont on peut voir quelques œuvres dans l’exposition). Ensemble, ils partent en Angleterre, où Besnard découvre la peinture pré-raphaëlite et se lie d’amitié avec le graveur Alphonse Legros, auprès de qui il perfectionne sa technique de l’eau-forte. Revenu à Paris au début de l’année 1884, il reçoit de très nombreuses commandes de portraits qui font sa renommée. Besnard est aussi le peintre de la beauté féminine, qu’il s’agisse de portraits intimes au pastel, de nus sensuels ou d’effigies mondaines dont il est un auteur recherché.

 

Un des peintres décorateurs les plus en vue de Paris

Parallèlement, Albert Besnard devient l’un des peintres décorateurs les plus en vue de la capitale. Les grands chantiers parisiens de la fin du XIXème siècle lui offrent la possibilité de renouveler l’art du décor monumental : on peut encore admirer son travail sur les murs de l’École de Pharmacie et de la Sorbonne, mais aussi sur les plafonds de l’Hôtel de Ville, du Petit Palais et de la Comédie-Française. Le recours à des thèmes modernes, le symbolisme de son langage et la flamboyance de sa palette imposent sa puissante originalité.

 

De grandes huiles et gouaches indiennes saturées de couleurs

La suite de l’exposition révèle un Besnard plus secret avec sa pratique de la gravure, qui lui permet d’aborder des sujets plus sombres et de montrer ainsi toute la complexité de sa personnalité et de son art. La fin du parcours, dans la dernière salle, évoque enfin la veine orientaliste de l’artiste, ses voyages en Algérie et aux Indes et sa vision d’un Orient âpre et envoûtant. Ses grandes huiles et gouaches indiennes saturées de couleurs firent sensation à la galerie Georges Petit en 1912, et contribuèrent, comme l’ensemble de son œuvre, à ouvrir des voies nouvelles.

 

Albert Besnard « Modernités Belle Epoque »
25 octobre 2016 – 29 janvier 2017
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le vendredi jusqu’à 21h
www.petitpalais.paris.fr

site-internet-petit-palais

 

Publicités

2 commentaires

  1. Bonjour,

    A propos du peintre A. Besnard, vous auriez pu mentionner le premier tableau de l’exposition. Il a pour titre « Procession des bienfaiteurs et des pasteurs de l’église de Vauhalan », puisque cette église est proche de Versailles dans la vallée de la Bièvre.
    Et ce tableau a une histoire étonnante puisque le Syndicat d’Initiative de cette petite commune vient de publier un texte « une découverte extraordinaire pour Vauhalan: un tableau retrouvé… »

    Effectivement une histoire qui mérite d’être connue…
    Bien amicalement

    Philippe Jaquard Jouy en Josas, proche de Vauhalan

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s